Y-a-t-il des oiseaux dans l’oreiller ?

 

À cinq ans, j’ai voulu répondre à cette question : j’ai découpé ma taie d’oreiller.

J’avais bien constaté que parfois, des plumes tentaient de s’échapper ; elles me piquaient la joue, le matin au réveil, en essayant de sortir du coussin. Les plumes c’est doux, c’est confortable (quand ça ne pique pas la joue), mais les oiseaux c’est encore mieux. Alors il me fallait trouver les oiseaux et les laisser sortir. Pour qu’ils chantent.

Ce soir-là, après le dernier câlin du soir, je ne me suis pas endormie tout de suite, je me suis relevée. J’ai rallumé ma lampe, pris mes ciseaux de bricolage. J’ai découpé un petit trou, suffisant pour passer le doigt dedans. Je touchais les plumes ! Mais pas d’oiseau. Peut-être tout au fond ?… J’ai agrandi le trou. Encore un peu, encore un peu. Jusqu’à pouvoir plonger tout le bras dans les plumes.

Aucun oiseau ne voulait sortir ! J’ai découpé un trou plus grand, pour mieux voir, pour qu’ils puissent mieux s’envoler… Hélas, pas le moindre oiseau ! Quelle déception ! J’ai pu rattraper quelques poignées de plumes éparpillées et à les fourrer tant bien que mal dans le coussin éventré. J’ai scotché l’ouverture, et je me suis endormie sur mes deux oreilles.

Ma bêtise a été bientôt découverte, dès le lendemain. Et là, j’ai compris plusieurs choses :

  • Un oreiller déchiré ne se répare pas avec du scotch, mais avec du fil et une aiguille.
  • Avec un fil et une aiguille, (et subsidiairement des ciseaux) on peut modifier un bout de tissu.
  • Quand on commence à modifier un bout de tissu, on peut le réparer ou en faire autre chose. Le coussin a été regarni de plumes et recousu, mais la taie d’oreiller était devenue inutilisable. J’ai eu le droit d’en faire un super T-Shirt en découpant un trou dans l’un des coins pour la tête, et deux trous plus petits sur les côtés pour les bras.

Ce fut ma première expérience de création textile.

Ce sentiment de convoitise, cet appétit de la découverte, cette envie de questionner, de transformer et modeler pour faire autre chose me sont toujours restés. Ils m’accompagnent immanquablement dans les rayons des merceries et sur les marchés aux étoffes. À chaque fois que j’ai un nouveau coupon de tissu entre les mains, j’imagine les oiseaux multicolores de mon oreiller tourbillonner autour de moi, chantant : « on va coudre quoi avec celui-là ? »

Une nouvelle histoire

Voilà. À cinq ans j’ai découvert la magie de la couture en cherchant des oiseaux. J’ai découvert également le goût de poser des questions, et l’inattendu d’une question qui se transforme en une autre question. Au moment de commencer ce blog, je ne sais pas non plus où va m’entraîner cette aventure, et si elle ne va pas déboucher sur une autre question. Quelles surprises m’attendent au détour d’un billet ? Bloguer, raconter mon expérience, ouvre à la rencontre avec vous, lecteur.

Là aussi, c‘est le début d’une nouvelle histoire. Viendrez-vous me lire ?

 

À tout de suite dans les commentaires !

Annie-Claude

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